Ce que l'on sait
Donald Trump a, à plusieurs reprises ces dernières semaines, annoncé la déclassification prochaine de fichiers militaires et de renseignement consacrés aux UAP — Unidentified Anomalous Phenomena, l'appellation officielle qui a remplacé le terme OVNI dans la nomenclature américaine. Ces annonces, relayées par la presse internationale, relancent un dossier que le Pentagone, la NASA et le Congrès américain suivent activement depuis 2017, sans qu'aucun document public n'ait à ce jour démontré l'origine non humaine d'un seul des phénomènes observés. Les UAP ont été officiellement renommés ainsi à partir de 2022, lorsque le département de la Défense américain a créé l'AARO (All-domain Anomaly Resolution Office), un bureau spécialisé chargé de centraliser les signalements internes des forces armées et de produire des analyses techniques. Avant cela, la question relevait principalement d'un programme classifié de la Marine américaine, dont trois vidéos — FLIR, enregistrée en 2004 lors de l'incident dit du Nimitz, Gimbal et GoFast, enregistrées en 2015 — ont été déclassifiées par le Pentagone en avril 2020. La NASA, de son côté, a constitué en 2022 un panel scientifique indépendant qui a rendu son rapport public en juin 2023. Plusieurs commissions du Congrès américain — Sénat et Chambre des représentants — auditionnent depuis 2022 d'anciens militaires et responsables techniques sous serment.
Ce que les autorités confirment
Quatre sources institutionnelles structurent ce dossier. La NASA publie sur science.nasa.gov un portail dédié aux UAP regroupant le rapport indépendant de 2023 et les communications du directeur de recherche nommé à la suite du rapport. L'AARO, sous tutelle du département de la Défense (defense.gov), publie ses bilans déclassifiés et ses appels à témoignage. La Marine américaine héberge plusieurs documents internes déclassifiés, notamment les trois vidéos FLIR, Gimbal et GoFast. Les commissions Renseignement et Surveillance du Congrès américain mettent en ligne les comptes rendus écrits de leurs auditions publiques. Sur ce cycle d'actualité, NASA (officiel), Pentagone (officiel) figurent parmi les sources officielles directement accessibles. Le Pentagone a confirmé l'authenticité des trois vidéos déclassifiées (FLIR, Gimbal, GoFast), enregistrées par des capteurs militaires lors d'opérations d'entraînement de la Marine américaine. Le ministère de la Défense a également officialisé en 2022 la création de l'AARO, qui publie depuis des bilans périodiques. Selon ces bilans, la majorité des signalements internes trouvent une explication conventionnelle — ballons, drones, débris orbitaux, illusions optiques — mais une minorité reste, à ce jour, sans explication publique satisfaisante. La NASA a publié en juin 2023 un rapport indépendant sur les UAP, rédigé par un panel de seize chercheurs. Ce rapport indique qu'aucune donnée scientifique disponible ne permet d'attribuer une origine extraterrestre aux phénomènes observés, tout en recommandant l'amélioration de la collecte de données civiles, l'usage du machine learning sur les signaux radar, et la nomination d'un directeur de recherche UAP au sein de l'agence. Donald Trump a, dans plusieurs déclarations relayées par la presse internationale, annoncé la publication par son administration d'un nouveau lot de fichiers UAP. À ce jour, le calendrier précis de ces publications, ainsi que l'ampleur réelle des documents concernés, n'ont pas été détaillés publiquement.
Pourquoi ce dossier intrigue
Plusieurs anciens pilotes de l'U.S. Navy ont décrit, sous serment lors d'auditions publiques, des objets aux trajectoires inhabituelles : accélérations brutales, immobilisations à très haute vitesse, descentes verticales rapides — incompatibles, selon eux, avec les capacités connues des drones civils ou des appareils militaires identifiés. Les noms qui reviennent le plus souvent sont ceux du commandant David Fravor, témoin de l'incident Nimitz au large de la Californie en 2004, et du lieutenant Ryan Graves, qui a observé des objets non identifiés lors de vols d'entraînement à partir de 2015. Tous deux ont témoigné en juillet 2023 devant la Chambre des représentants. À leurs côtés, l'ancien officier du renseignement David Grusch a évoqué sous serment l'existence présumée de programmes secrets consacrés à la récupération d'objets non identifiés — sans en produire les pièces, et en renvoyant la vérification aux services de l'Inspecteur général de la communauté du renseignement. À ces témoignages s'ajoutent plusieurs incidents radar dont les relevés multi-capteurs, parfois corroborés par des observations visuelles indépendantes, n'ont pas reçu d'explication conventionnelle entièrement satisfaisante.
Ce qui reste à prouver
Aucun document public ne démontre, à ce jour, l'origine non humaine d'un seul de ces objets. Aucun rapport officiel — Pentagone, AARO, NASA, commissions du Congrès — n'a formulé une telle hypothèse comme conclusion. Inversement, plusieurs séquences — relevés radar, capteurs infrarouges, observations optiques — n'ont pas reçu d'explication conventionnelle entièrement satisfaisante. Le statut des déclarations de David Grusch, faute de pièces déclassifiées associées, reste également à vérifier par les autorités saisies. Les promesses de nouvelles déclassifications de Donald Trump n'ont, à ce stade, pas donné lieu à la publication de documents inédits substantiels. Le calendrier de ces publications, leur périmètre et leur niveau de détail restent à confirmer.
À retenir
L'enquête sur les UAP n'est ni close ni infondée. Elle dépend de la prochaine vague de publications officielles, des auditions à venir au Congrès américain, et de l'éventuelle déclassification de fichiers militaires plus anciens. Tant que ces documents ne seront pas publics, tout commentaire dépassant ce qui a été dit en audition ou écrit dans un rapport officiel reste de l'ordre de la spéculation.
Sources et limites
Contenu issu de l'analyse documentaire VIDEO OVNI.