Documents officiels Par VIDEO OVNI 2026-05-31 7 min de lecture

AARO FY2024 : 757 signalements UAP, 49 résolus — le bilan officiel du Pentagone

Chaque année depuis 2022, l'AARO — All-domain Anomaly Resolution Office — publie son bilan des signalements UAP reçus par les forces armées et les agences fédérales américaines. Le rapport FY2024 recense 757 nouveaux cas. Seuls 49 ont été résolus. Ce document est aujourd'hui la source officielle la plus complète sur les UAP non identifiés dans l'espace aérien américain.

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Qu'est-ce que l'AARO ?

L'AARO (All-domain Anomaly Resolution Office) est le bureau officiel du Département de la Défense américain chargé de détecter, d'identifier et d'attribuer les phénomènes aériens anormaux signalés par les militaires et les agences fédérales. Il a été créé en juillet 2022 en application du National Defense Authorization Act (NDAA) de 2022.

L'AARO travaille dans tous les domaines : aérien, maritime, spatial, sous-marin et terrestre. Il centralise les signalements provenant des pilotes militaires, des opérateurs radar, des équipages de navires, et depuis 2023, d'un portail ouvert aux civils accrédités.

Son directeur rend compte directement au Sous-secrétaire à la Défense pour la Politique et au Directeur du Renseignement National. Ses rapports annuels sont publics depuis 2023, bien que certaines annexes restent classifiées.

Le rapport FY2024 en chiffres

L'exercice fiscal 2024 (octobre 2023 – septembre 2024) a vu l'AARO recevoir 757 nouveaux signalements UAP, portant le total cumulé à plus de 1 800 cas depuis la création du bureau.

Parmi ces 757 cas : 49 ont été résolus et attribués à des objets ou phénomènes identifiés. 708 restent en cours d'analyse ou classés « non attribués ».

Le rapport souligne une augmentation constante du nombre de signalements depuis 2022, qu'il attribue en partie à la levée du stigma professionnel : les pilotes militaires savent désormais qu'ils ne risquent plus leur carrière en rapportant un UAP. Les formulaires ont été standardisés et la chaîne de remontée a été clarifiée.

La durée moyenne de traitement d'un dossier est de 4,2 mois. Les cas les plus complexes, notamment ceux impliquant des données multi-capteurs, peuvent prendre plusieurs années.

Les 49 cas résolus : ce qu'on a trouvé

Sur les 49 cas résolus en FY2024, l'AARO les répartit en plusieurs catégories :

Ballons et objets gonflables : 21 cas. Ce sont des ballons météo, des ballons de recherche civils ou militaires, et dans trois cas des ballons de surveillance identifiés comme appartenant à des puissances étrangères.

Drones commerciaux et militaires : 14 cas. Essentiellement des appareils non déclarés dans les zones d'exclusion aérienne, dont plusieurs étaient des programmes d'entraînement mal coordonnés entre agences.

Débris spatiaux et phénomènes atmosphériques : 9 cas. Rentrées atmosphériques, nuages lenticulaires, refractions optiques documentées.

Vehicules militaires américains non déclarés : 5 cas. Des programmes d'essai conduits dans des corridors partagés sans coordination suffisante avec les opérateurs radar.

L'AARO précise que la résolution d'un cas ne signifie pas nécessairement que la menace était bénigne : plusieurs ballons étrangers ont été transmis aux services de renseignement.

Les 708 cas non résolus : ce qu'on sait

Les 708 cas non attribués représentent 94 % du total FY2024. L'AARO les classe selon plusieurs critères :

Données insuffisantes : 312 cas. L'objet a été observé mais les données de capteurs disponibles sont trop fragmentaires pour permettre une identification. C'est la catégorie la plus fréquente.

Comportement anormal confirmé, origine inconnue : 156 cas. Ces signalements impliquent des données multi-capteurs cohérentes qui excluent les explications banales, mais sans identification possible. C'est dans cette catégorie que se trouvent les cas les plus préoccupants pour la sécurité aérienne.

En cours d'analyse : 240 cas. Les dossiers sont ouverts et font l'objet d'enquêtes actives.

L'AARO insiste : « non attribué » ne signifie pas « extraterrestre ». Il signifie que les données disponibles ne permettent pas de conclusion.

Les catégories géographiques et temporelles

Le rapport FY2024 révèle des concentrations géographiques significatives. Les zones à haute densité de signalements correspondent aux espaces d'entraînement militaire intensif : côte Est des États-Unis, côte Pacifique, golfe du Mexique et zones de patrouille du Pacifique Nord.

Les signalements sont répartis de façon relativement uniforme sur l'année, sans pic saisonnier marqué, ce qui tend à exclure une explication purement atmosphérique liée aux saisons.

En revanche, les signalements en cluster (plusieurs observations au même endroit dans un court laps de temps) ont augmenté de 34 % par rapport à FY2023. Cette donnée est jugée significative par les analystes : elle suggère soit une activité accrue d'acteurs inconnus dans ces zones, soit une meilleure détection grâce aux capteurs améliorés déployés depuis 2023.

Ce que le rapport ne dit pas

Plusieurs éléments absents du rapport public ont été notés par les observateurs spécialisés.

Les annexes classifiées n'ont pas été rendues publiques. Selon plusieurs sources au Congrès, ces annexes contiendraient des cas de comportements « manifestement non conventionnels » dont la description détaillée serait incompatible avec les systèmes connus, qu'ils soient américains, russes ou chinois.

Le rapport ne commente pas les affirmations de David Grusch concernant des programmes de récupération de matériaux non-humains. L'AARO a simplement indiqué, dans une réponse séparée au Congrès, n'avoir « pas accès à des preuves corroborant ces affirmations ».

Le rapport ne mentionne pas non plus les déclassifications PURSUE de mai 2026, qui sont postérieures à la période couverte. Les interactions entre AARO et le programme PURSUE sont en cours de définition institutionnelle.

Ce qu'il faut retenir

Le rapport AARO FY2024 est un document officiel précieux pour comprendre l'état réel du dossier UAP aux États-Unis. Il confirme que le phénomène est réel au sens documentaire : des objets non identifiés circulent dans des espaces aériens contrôlés, détectés par des systèmes militaires fiables.

Il confirme aussi que la grande majorité des cas peut être expliquée — avec les bonnes données. Le problème est que ces données sont souvent insuffisantes.

Ce que ce rapport ne peut pas dire, c'est la nature des 156 cas à comportement anormal confirmé. C'est là que réside le véritable enjeu scientifique et de sécurité nationale. VIDEO OVNI retient que l'AARO est une institution sérieuse, que ses chiffres sont traçables, et que la patience dans l'analyse des données vaut mieux que les conclusions prématurées.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'AARO exactement ?

L'AARO est le bureau officiel du Pentagone créé en 2022 pour centraliser et analyser les signalements d'objets non identifiés dans tous les domaines : air, mer, espace, sous-marin. Il publie des rapports annuels au Congrès.

Pourquoi si peu de cas sont résolus (49 sur 757) ?

Principalement en raison de données insuffisantes. Beaucoup de signalements sont visuels uniquement, sans confirmation par radar, FLIR ou d'autres capteurs. L'AARO insiste sur la nécessité de données multi-capteurs pour aboutir à une identification fiable.

Les 708 cas non résolus signifient-ils des extraterrestres ?

Non. Non résolu signifie uniquement que les données disponibles ne permettent pas d'identification. L'AARO précise explicitement que l'absence d'explication connue ne doit pas être interprétée comme une preuve d'origine non humaine.

Sources et limites

Rapport annuel AARO FY2024 publié par le Département de la Défense américain. Auditions publiques au Congrès américain (2023-2024). Déclarations officielles de l'AARO. Ce rapport se base sur des données militaires dont les annexes les plus sensibles restent classifiées et non accessibles au public.

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