L'essentiel en 30 secondes
En juillet 1999, un rapport privé de 90 pages secoue la France : « Les OVNI et la Défense : à quoi doit-on se préparer ? », dit rapport COMETA. Ses auteurs ne sont pas des amateurs : d'anciens auditeurs de l'IHEDN — généraux, un amiral, des ingénieurs de l'armement —, préfacé par le général Bernard Norlain, ancien commandant de la Force aérienne tactique. Adressé au Premier ministre et au Président de la République, il conclut que pour un noyau de cas inexpliqués, l'hypothèse extraterrestre est « la plus cohérente » — la déclaration la plus audacieuse jamais signée par des militaires français de ce rang.
Ce que le rapport est — et n'est pas
Précision capitale : COMETA est un rapport privé d'une association, pas un document officiel de l'État français — même si ses auteurs sont d'anciens hauts responsables et qu'il fut remis aux plus hautes autorités. Sa conclusion est une déclaration d'auteurs, pas un fait établi : « l'hypothèse la plus cohérente » n'est pas une preuve, et le rapport lui-même le reconnaît. Notre grille s'applique : le document existe (fait), sa conclusion engage ses signataires (déclaration), la nature des cas reste non établie (hypothèse).
Pourquoi il compte encore en 2026
COMETA s'appuyait sur les cas solides de la casuistique française — Trans-en-Provence, Valensole — et sur les données du GEPAN/GEIPAN. Vingt-sept ans avant que le Pentagone n'ouvre ses 334 fichiers, des officiers français posaient déjà la question en termes de défense. La question de COMETA — « à quoi doit-on se préparer ? » — est exactement celle que Washington se pose aujourd'hui.
Qui a signé — et pourquoi ça compte
L'association COMETA (« Comité d'études approfondies ») réunit d'anciens auditeurs de l'IHEDN, l'Institut des hautes études de défense nationale. Parmi les contributeurs et soutiens : le général Bernard Norlain (ancien commandant de la Force aérienne tactique et directeur de l'IHEDN), le général Denis Letty (pilote de chasse, initiateur du projet), l'ingénieur général de l'armement Pierre Bescond, ou encore André Lebeau, ancien président du CNES. Trois ans de travail, des auditions de pilotes et de radaristes, l'accès aux dossiers du GEPAN/SEPRA. Ce n'est pas la qualité des signataires qui fait la vérité d'une conclusion — mais elle interdit de balayer le document d'un revers de main.
Ce que contient le rapport, chapitre par chapitre
Première partie : les cas — Lakenheath (radar-visuel, 1956), l'incident aérien de Téhéran 1976, la RB-47 (1957), Trans-en-Provence, le cas « Amarante », la vague belge. Deuxième partie : l'état des connaissances — radar, propulsion, hypothèses. Troisième partie : les implications de défense, avec des recommandations concrètes (veille, coopération européenne, information des pilotes). Le rapport écarte explicitement la psychose collective généralisée et les seuls phénomènes naturels pour un noyau de cas — tout en reconnaissant qu'aucune preuve matérielle définitive n'existe.
Questions fréquentes
Le rapport COMETA est-il un document officiel de la France ?
Non. C'est un rapport privé d'une association d'anciens auditeurs de l'IHEDN, remis aux plus hautes autorités mais n'engageant pas l'État français.
Que conclut exactement COMETA ?
Que pour un noyau de cas inexpliqués, l'hypothèse extraterrestre est « la plus cohérente » parmi celles examinées — une évaluation d'auteurs, présentée comme telle, et non une preuve.
Quelle a été la réaction officielle ?
Aucune suite officielle publique n'a été donnée au rapport. Il reste néanmoins cité dans le monde entier comme le document le plus haut placé de son époque sur le sujet.
Sources
- Archives de presse d'époque · rapports et documents officiels cités dans l'article · politique de corrections.