Ce que fait — et ne fait pas — le GEIPAN
Le GEIPAN est un service technique du CNES chargé de recueillir, analyser, enquêter, publier et archiver les signalements de phénomènes aérospatiaux non identifiés. Il travaille à partir d'observations et de témoignages, puis cherche des explications compatibles avec les données.
Il n'enquête pas sur les phénomènes paranormaux. Sa procédure vise les observations directes effectuées sur le territoire français. Le service peut écarter les récits indirects, les phénomènes découverts seulement après coup sur une photo ou une vidéo, et certains dossiers trop anciens.
Ce qu'il faut noter avant de discuter
Écrivez immédiatement l'heure, le lieu précis, votre orientation, la durée et la trajectoire. Décrivez d'abord sans interpréter : « trois points blancs espacés » est plus utile que « un vaisseau triangulaire ». Indiquez clairement les incertitudes.
Si plusieurs personnes ont observé, chacune doit rédiger son récit séparément. Le questionnaire GEIPAN est individuel et porte sur une seule observation. Cette indépendance limite la contamination des souvenirs.
- Heure de début et de fin, avec le fuseau si nécessaire.
- Direction d'apparition, hauteur et direction de disparition.
- Météo, visibilité, obstacles et bruits présents.
- Lunettes, pare-brise, fenêtre ou instrument utilisé.
- Croquis de la scène avant toute recherche en ligne.
Préserver l'original plutôt que la copie virale
Le questionnaire précise que les photographies et vidéos sont recevables lorsque l'original est fourni. Ne recadrez pas, n'ajoutez pas de filtre et ne passez pas d'abord par une messagerie. Copiez le fichier tel quel et conservez l'appareil si possible.
Filmez aussi les repères fixes et faites une seconde prise avec les mêmes réglages après la disparition. Les métadonnées, le mouvement du téléphone et le contexte du paysage peuvent être plus instructifs que le point lumineux lui-même.
Tester les explications sans réécrire le souvenir
Consultez le guide d'identification du GEIPAN, une carte du ciel, les passages orbitaux et les phénomènes météo. Notez les résultats séparément de votre récit initial. Ainsi, l'enquête distingue ce que vous avez perçu de ce que vous avez appris ensuite.
Une hypothèse trouvée après coup ne doit pas être forcée. Écrivez pourquoi elle correspond — ou ce qui ne correspond pas. Cette comparaison argumentée aide davantage qu'une liste d'applications consultées.
Le parcours officiel du témoignage
Le GEIPAN demande de remplir son questionnaire technique puis de le transmettre selon la procédure indiquée sur son site. Un accusé de réception confirme la prise en charge. Le délai n'est pas standardisé : il dépend du flux de témoignages et du temps d'enquête.
La publication d'un dossier est soumise aux règles de consentement et d'anonymisation décrites par le service. Le témoin peut être contacté pour préciser un point ; garder ses notes et fichiers d'origine facilite cet échange.
Un bon dossier accepte aussi une explication
Le but d'un signalement n'est pas de défendre une conclusion, mais de rendre l'événement analysable. Une identification comme satellite, planète ou ballon ne retire rien à la sincérité du témoin.
À l'inverse, une classification inexpliquée ne prouve pas une origine extraterrestre. Elle indique que les éléments disponibles n'ont pas permis une explication satisfaisante. La qualité du dossier repose sur cette séparation entre observation, analyse et hypothèse.
